La vérité tragique de la viande

Ah ! quel été magnifique, n’est-ce pas ? Comme beaucoup, j’ai profité de passer des moments avec mes amis au bord du lac Léman, près de chez moi. On s’est baigné, on a profité du soleil et, je l’avoue, j’ai sorti mon barbecue pour griller quelques saucisses. Je ne pense pas que la consommation de viande soit un mal en soi, si elle n’est ni abusive ni immorale cependant la viande et l’écologie ne font pas bon ménage.

 

Certaines populations ne peuvent tout simplement pas se passer de la chasse comme en Mongolie par exemple. Mais chez nous, il existe une multitude de produits différents pour changer notre régime alimentaire. Une association des merveilles que produit la nature nous permet tout à fait d’avoir une alimentation saine, plus équilibrée tout en agrandissant notre éventail de saveurs.

La viande

 

Continuer un régime fortement carné n’a plus de sens aujourd’hui.

Ecologiquement ? L’industrie de la viande est une des plus grandes pressions sur la Terre.

Moralement ? Nous ne pouvons plus justifier l’abattage de plus de 65 milliards d’êtres vivants pour satisfaire notre seul palet.

Hygiène ? Plusieurs études montrent que la viande est un produit malsain si elle est consommée abusément.

En termes de productivité ? Le rendement de la viande est une catastrophe.

 

Une comparaison de 2 chiffres montre bien l’aberration écologique de la viande. Selon le journal Science  La viande nous apporte 18% des calories que nous consommons, alors que nous utilisons 83% des terres cultivables pour l’élevage… Plusieurs me répondraient : “Ok les calories, mais pour les protéines la viande c’est le top !” Je suis désolé les amis mais même si le rendement des protéines est meilleur, il n’atteint que 37%. Non vraiment, la machine animale n’est vraiment pas efficiente pour nous nourrir.

 

Cela gêne certainement certains. D’autres le nient totalement et bien sûr d’autres s’en moquent royalement mais les chiffres sont là. Impossible d’avoir un monde durable avec une telle consommation.

 

La viande, un problème environnemental ?

L’industrie de la viande est responsable de bien des malheurs sur notre planète. Elle émet énormément de gaz à effet de serre. Elle est une des plus grandes causes de déforestation et elle épuise et pollue les eaux. Il est devenu clair pour la communauté scientifique que les effets de l’industrie de la viande sont catastrophiques.

 

Les gaz à effet de serre

Selon un rapport de 2006 de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), la production de viande émettait déjà 18% des gaz à effet de serre mondiale et depuis plus de 10 ans, elle a énormément augmenté. C’est plus que les transports… Pourtant elle ne produit par énormément de CO2 sauf si on compte la déforestation… Non, en fait le problème de la viande n’est pas son empreinte carbone mais plutôt son empreinte due à d’autres gaz comme le méthane, produit par la digestion du bétail mais aussi du protoxyde d’azote venant des engrais industriels. Ces gaz sont respectivement 25 et 300 fois plus dangereux pour le réchauffement climatique. Le bétail en est responsable pour 50%.

Voici un graphique qui montre la production en CO2 équivalent pour la production d’1 kg de viande.

 

La folie du soja

Production de sojaLa forêt amazonienne est en ce moment même, en train d’être détruite. Pas que par les incendies, l’avidité des hommes à étendre leurs terres cultivables pour le profit en est la principale cause. Des hectares sont déforestés pour laisser place à des cultures de soja principalement.

 

Vous allez me demander, mais qu’est-ce que ça à avoir avec la viande ? Figurez-vous que je suis exactement au cœur du sujet.

 

En 2015, un européen consomme en moyenne 61kg de soja. Vous imaginez bien que ce poids ne vient pas seulement du tofu ou des protéines de soja de votre alimentation. Non, en fait, 57kg sont consommées par les animaux que nous mangeons selon le WWF. Chaque fois qu’on achète de la viande de ces pays, nous participons à cette chaîne. Cependant consommer de la viande européenne ne garantit pas pour autant, la non présence du soja. En effet, une partie de sa production est exportée en Europe pour nourrir notre bétail.

 

Toute consommation en viande non locale et non bio a un risque de présence de soja dans sa chaîne alimentaire. En plus, 95% du soja produit au Brésil et en Argentine sont génétiquement modifiés d’après un rapport de Greenpeace. Selon la même ONG, l’industrie de la viande est responsable de 63% de la déforestation de l’Amazonie. Ça fait froid dans le dos…

 

Et l’eau dans tout ça ?

l'eauLà encore le commerce de viande est beaucoup plus demandant que le végétal. La consommation d’eau varie énormément selon l’animal, la localité et son régime alimentaire. Si un bœuf passe toute sa vie en pâturage et n’a besoin que de l’eau pour s’abreuver, sa consommation sera nettement inférieure à un bœuf nourrit par du soja. Plusieurs manières existent pour comparer l’eau consommée.

 

L’une d’entre elle, l’eau virtuelle, est l’eau nécessaire pour toute la production soit :

  • directement par les animaux en s’abreuvant
  • indirectement pour cultiver leur besoin en alimentation
  • indirectement nécessaire aux autres besoins de la production

 

L’eau virtuelle est considérée comme l’équivalent en eau de l’énergie grise. Elle permet de comparer la consommation nécessaire pour produire des denrées végétales et animales mais aussi plusieurs procédés industriels.

 

Voici un tableau qui compare le besoin en eau de différents aliments en termes d’eau virtuelle :

 

 

En plus, l’élevage intensif pollue fortement l’eau pour 2 raisons :

  • La production de fumier et du lisier est tellement importante que cela fait augmenter la concentration du nitrate et du phosphore, ce qui contribue à l’acidification des océans.
  • Les engrais chimiques, pesticides et autres se déversent dans nos eaux en plus de tuer une partie de la faune.

 

Les risques de la viande pour notre santé

Les élevages intensifs peuvent atteindre une densité de plusieurs centaines de milliers d’animaux. Par l’effet de leur nombre bien trop élevé et de la maltraitance qu’ils subissent, ces animaux tombent plus facilement malade. Plusieurs doses d’antibiotique leurs sont administrées même s’ils sont en bonne santé afin de diminuer le risque de maladie. Il s’agit d’un problème phytosanitaire majeur pour notre espèce également. En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé, les bactéries sont de plus en plus immunisées face aux antibiotiques. Cela s’explique par une surutilisation dans le domaine médical et dans l’élevage du bétail. Ce sont nos défenses contre les bactéries que nous sommes en train de perdre.

 

D’après le journal The Lancet Infections Diseases, ce serait déjà 33’000 morts en Europe en 2015 à cause d’une résistance, alors qu’en 2007 ce chiffre se montait à 25’000. Si nous n’arrêtons pas de gaver notre bétail et de consommer à outrance des antibiotiques, le bilan de mort risque malheureusement d’empirer…

 

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Selon l’Organisation mondiale de la santé, à nouveau, certaines viandes sont cancérigènes. La viande transformée comme les saucisses, le jambon, la charcuterie a été placée dans le groupe 1 des produits cancérigènes. Dans ce groupe figurent le tabac, l’amiante etc. Cela ne veut pas dire que la viande transformée est tout autant nocive. Mais le groupe 1 rassemble tous les produits dont les études ont démontré leur dangerosité en matière de risque de cancer.

 

La viande rouge non transformée se trouve dans le groupe 2a. Il s’agit d’un groupe dont le lien entre la consommation et le risque de cancer a été démontré mais dont il est impossible d’exclure d’autres facteurs pouvant conduire à ce résultat (les biais d’étude). Selon le Global Buren of Disease, 34’000 décès par an dans le monde, sont dus à un cancer du colon provenant d’une consommation de viandes transformées. La viande rouge quant à elle pourrait être responsable de 50’000 morts chaque année. Une analyse sur 10 études a montré qu’une consommation de 50g de viandes transformées par jour augmente de 18% le risque de cancer colorectal.

 

Maintenant, autour de la productivité de la viande

Prenons à nouveau le soja pour faire un petit exemple. Il faut 100 calories de graines de soja pour produire 12 calories de poulet et seulement 3 calories de bœuf. Prenons l’exemple d’un steak de bœuf de 250g. Cela correspond à environ 620 calories d’après le site suivant : https://www.tableaudescalories.net/. Or, avec les 97% de pertes caloriques, pour produire un steak, il faut un peu plus de 20’000 calories ingérées par l’animal. Cela correspond au nombre de calories qu’un homme adulte mange en 10 jours et ce steak ne nous apporte qu’environ le tiers de nos besoins journaliers.

 

Une personne qui mange 1 steak par jour pendant 1 semaine utilise 70 jours de ressources calorifiques pour un être humain. S’il en mange chaque jour de l’année, il utilise indirectement la nourriture qui suffirait à subvenir aux besoins calorifiques de 10 personnes pendant 1 ans.

 

La productivité est inefficiente si on compare n’importe quelles données comme le terrain nécessaire, la consommation d’eau etc. La viande est un gouffre à ressources…

 

Ce simple graphique montre les besoins en terrain du bétail par rapport au végétaux.

Surface de sol nécessaire

 

Que pouvons-nous faire pour réduire l’impact de la viande ?

Il y a 2 moyens pour réduire son empreinte écologique liée à la viande : le végétarisme ou végétalisme et la diminution de viande. Mais vous avez compris l’idée il faut réduire sa consommation de produits venant des animaux, viandes et produits transformés. Il n’y a pas vraiment de donnée sur la quantité exacte de viandes que nous pouvons consommer sans risque pour la santé. Par contre écologiquement, moins on en mange mieux c’est. Greenpeace recommande une diminution d’au moins 50 % d’ici 2050. Réduire de moitié sa consommation de viande, ce n’est pas la mer à boire non ? En plus, votre porte-monnaie vous remerciera !

 

Si vous voulez toujours consommer de la viande, il est préférable d’acheter local et bio pour réduire au maximum les pressions sur l’environnement et d’avoir une viande de qualité. Déterminer l’alimentation du bétail que l’on consomme est aussi un bon moyen pour être sûr de ne pas participer à la déforestation par exemple. Au restaurant, il est possible de demander l’origine de la viande pour ne plus participer à un commerce néfaste. Mais il est clair : éviter la viande venant d’Amérique du Sud et Centrale est primordial.

 

Nous ne devons pas tous devenir végétariens. Mais il est possible de réduire sa consommation de viande. Ne laissons pas notre égoïsme gustatif prendre le dessus, sur le bien-être de la planète et la raison, cela pourrait nous être une erreur fatale…

Protéine végétale

 

 

Sources:

https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/8/3/034015

https://www.vox.com/2014/8/21/6053187/cropland-map-food-fuel-animal-feed

https://www.britannica.com/topic/feed-agriculture

https://www.lemonde.fr/planete/video/2015/03/20/le-vrai-poids-de-la-viande-sur-l-environnement_4597689_3244.html

https://waterfootprint.org/en/resources/waterstat/product-water-footprint-statistics/

  1. Mekonnen, M.M. & Hoekstra, A.Y. (2011) The green, blue and grey water footprint of crops and derived crop products, Hydrology and Earth System Sciences, 15(5): 1577-1600
  2. Mekonnen, M.M. & Hoekstra, A.Y. (2012) A global assessment of the water footprint of farm animal products, Ecosystems, 15(3): 401–415.
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